L’anastomose gatro-jéjunale endoscopique qu’est ce que c’est ?

Cette nouvelle technique permet de réaliser une communication entre l’estomac et le jéjunum pour traiter une occlusion duodénale en rapport avec un cancer du pancréas non résécable.

L’échoendoscopie a récemment permis la réalisation d’anastomoses gastro-jéjunales grâce à l’utilisation de prothèses dites d’apposition tissulaire ou luminale.
Des études récentes ont montré que la technique endoscopique a un taux de succès technique et clinique supérieur à 90% (identique à la chirurgie), avec un taux de complication inférieur à celui de la chirurgie. 

Le principe est de repérer une anse jéjunale à travers la paroi gastrique, de la piquer à l’aide d’une aiguille, puis de mettre en place un fil guide dans l’anse jéjunale.
Pour mieux repérer la première anse jéjunale on injecte du sérum physiologique coloré en bleu. 
Une prothèse métallique couverte d’apposition luminale est alors mise en place après élargissement de la paroi gastrique et jéjunale, en la glissant sur le fil guide.
Toute la procédure peut être réalisée sous double contrôle échoendoscopique et radiologique.

Comment faire une anastomose gastro-jéjunale endoscopique ?

L’échoendoscope positionné dans l’estomac permet de repérer la première anse jéjunale juste en arrière de la paroi gastrique. Plusieurs techniques ont été  décrites, celle de la ponction directe semble la plus efficace.
Elle consiste à ponctionner directement l’anse jéjunale avec une aiguille de 19 Gauges, à remplir l’anse avec du liquide en injectant du sérum physiologique, grâce à une pompe, dans  l’aiguille ; puis on  insère un fil guide dans l’anse jéjunale à travers l’aiguille à ponction.

On retire l’aiguille en laissant le fil guide en place, puis on fait glisser la prothèse d’apposition sur ce fil guide. Ensuite, on perce la paroi de l’estomac et du jéjunum avec le cystostome intégré dans la prothèse.
On ouvre la collerette distale de la prothèse dans le jéjunum, on tracte la prothèse pour mettre le jéjunum au contact de l’estomac, puis on ouvre la collerette proximale dans l’estomac.

Si cette technique n’est pas possible, on place une sonde dans le jéjunum pour remplir la première anse de sérum physiologique puis on positionne la prothèse d’apposition.

On retire l’aiguille en laissent le fil guide en place. Puis on fait glisser la prothèse d’apposition sur ce fil guide. Ensuite, on crée on perce la paroi de l’estomac et du jéjunum avec le cystostome intégré dans la prothèse. On ouvre la collerette distale de la prothèse dans le jéjunum, on tracte la prothèse pour mettre le jéjunum au contact de l’estomac. Puis on ouvre la collerette proximale dans l’estomac. Si cette technique n’est pas possible, on place une sonde dans le jéjunum pour remplir la permière anse de sérum physiologique puis on place la prothèse d’apposition.

Est ce que l’anastomose gastro-jéjunale endoscopique est une technique efficace ?

Le succès technique est de 90-95%.
Cette méthode doit être encore évaluée sur des séries incluant un plus grand nombre de patients.
Elle doit être aussi plus sécurisée afin de supprimer le risque de complications graves, comme la péritonite, inacceptable chez des patients présentant en général un cancer duodéno-biliopancréatique avancé.
La meilleure indication reste le syndrome de l’anse afférente chez des patients opérés, soit d’un cancer gastrique, soit d’un cancer pancréatique.

En résumé, l’anastomose gastro-jéjunale par échoendoscopie est une technique prometteuse pour les patients atteints de cancer du pancréas.
Cette méthode est une alternative possible à la dérivation chirurgicale dans les centres experts en endoscopie interventionnelle.

Quelles sont  les complications de l’anastomose gastro-jéjunale ?

Le taux de complication est inférieur à 10%, avec peu de complications sévères.
Les  complications répertoriées sont :

  • Les  défauts d’ouverture de la prothèse d’apposition,
  • Une migration précoce nécessitant une intervention chirurgicale.